Mandat d’arrêt international contre Omar Al-Bashir :Tribune : une décision historique, une exécution problématique• Article publié le : 15 mars 2009. Auteur : Jiajia WangMercredi 4 mars, sans doute une journée à marquer d’une pierre blanche : la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye délivre un mandat d’arrêt international le président soudanais Omar Al-Bashir. Ce dernier est poursuivi pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, une région à l’ouest du Soudan déchirée par un conflit qui a fait près de 300 000 morts selon l’ONU. L’arrestation du président soudanais en exercice, une première en matière de justice internationale, constituerait une avancée pour les défenseurs des Droits de l’Homme. Elle soulagerait surtout les victimes de ces exactions présumées. Reste que les retombées mondiales et régionales de cette décision sont encore imprévisibles. A cet égard, deux questions se posent : un mandat d’arrêt suffira-t-il à interpeller Omar Al-Bashir ? Ce dernier, ne sera-t-il pas tenté de ruminer sa rancœur contre la communauté internationale en se vengeant sur les Darfouris ? Il serait étonnant que le Soudan livre sur le champ son propre chef d’Etat. Par ailleurs, les dirigeants arabes, africains et chinois se solidarisent autour d’Al-Bashir tandis qu’aucun gouvernement occidental ne soutiendra son éviction forcée. De surcroît, il est peu probable que la pression internationale conduise Al-Bashir à prendre des mesures favorables aux Soudanais et notamment aux nombreuses victimes du conflit. Au lieu de s’en prendre à la CPI et aux puissances occidentales qui le poursuivent, Al-Bashir pourrait menacer les populations du Darfour. L’avertissement de l’ONU, qui a appelé son personnel sur place à la prudence, en dit long sur les réactions escomptées de Khartoum. Aussi, l’exécution de la décision de la CPI nécessite-t-elle des dispositifs capables de protéger les plus vulnérables sur le terrain, parmi lesquels figurent les deux millions de déplacés. |