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Sida en AngolaDes chiffres en « trompe-l'oeil »• Article publié le : 30 avril 2009. Auteur : JiaJia WANGSi l’Angola ne fait pas partie des pays dont le taux de prévalence au sida est le plus élevé, ce n'est selon CHEN May, qu'un « trompe-l'oeil ». Le médecin taïwanais expatrié depuis huit ans à Luanda, la capitale, explique que la guerre civile - qui a duré une trentaine d'années - a empêché le recensement exhaustif des nouveaux cas. CHEN May vient de fêter ses 37 ans dans le laboratoire du Network of AIDS service (RAS), dans le centre ville de Luanda, en Angola. « Ici, on n'a pas l'impression d'être dans une capitale », explique le médecin taïwanais à l’autre bout du fil. « Les grandes artères de la ville sont neuves alors que les rues et les sentiers sont défoncés. Les bâtiments modernes ont pour la plupart été construits après la guerre civile (1975-2002), notamment par les sociétés chinoises implantées ici depuis une dizaine d’années. Mais il existe encore des structures anciennes délabrées qui ont survécu à la guerre. Même si les Angolais se répartissent un peu partout dans la capitale, ils sont de plus en plus nombreux à prendre d’assaut les habitations modernes. » Née à Taipei (Taïwan), May a exercé la profession de médecin pendant huit ans dans son pays avant d'intégrer cette organisation non gouvernementale. Les huit années qui ont suivi, elle les a consacrées à la lutte contre le sida dans cette ancienne colonie portugaise d'Afrique australe. Et May ne regrette pas son choix. « Les gens croient connaître ce pays. Mais tout ce que nous en savons repose sur des chiffres relayés ici et là par des médias. » Recensement sporadique des cas pendant la guerre Pour elle, le taux de prévalence au virus remarquablement bas comparé aux pays limitrophes n'est rien d'autre qu'un « trompe-l'oeil ». Le médecin explique que la guerre civile en Angola – qui a duré une trentaine d’années – a fait fuir les organisations officielles ou indépendantes, régionales ou mondiales, qui travaillaient jusqu'alors sur place.Dès lors, quelques petites associations locales ont tenté de recenser les nouveaux cas. Mais, faute de moyens, elles ne sont pas parvenues à couvrir tout le pays. En outre, les enquêtes se sont bien souvent concentrées sur des régions à forte influence catholique. « Comme la guerre s'est terminée il y a peu de temps, le pays n'est pas encore stable, ce qui rend le calcul du taux de prévalence difficile », ajoute May. Même si elle constate une évolution positive de la lutte contre le sida en Angola, le médecin reconnaît que « le chemin est encore long et périlleux ». Le problème selon May est que la plupart des malades considère ce virus comme une punition de Dieu. Ils préfèrent prendre de la morphine pour soulager la douleur quand ils sont en phase terminale plutôt que se faire soigner tout au long de la maladie. « Il ne s’agit ni de la durée du traitement ni de la pauvreté mais de la foi et de la croyance. », conclut-elle. |