Exposition Kreyol  Factory à la Grande Halle de la Villette à Paris. © 2009 Claire TOMASELLA - Afrikan Heure.
Exposition Kréyol Factory à la Grande Halle de la Villette à Paris. © 2009 Claire TOMASELLA / Afrikan'Heure.
Exposition à Paris

Kréyol Factory, ou comment se forment les identités créoles

• Article publié le : 30 avril 2009. Auteur : Claire TOMASELLA

Vous avez dit « créolisation » ? Un mot qui sonne comme un crissement de pneu. Entre jargon et barbarisme. L’exposition Kréyol Factory – qui se tient jusqu’au 5 juillet 2009 dans la Grande Halle de la Villette, à Paris – se propose de le décliner : une soixantaine d’artistes y interrogent l’identité créole, ou plutôt les identités créoles, de la Martinique à La Réunion, en passant par la Jamaïque, mais aussi Londres, Paris, New York…

Quel est le point commun entre tous ces lieux situés parfois à plusieurs milliers de kilomètres les uns des autres ? Stuart Hall, sociologue britannique d’origine jamaïcaine et auteur d’Identités et cultures, nous ouvre la voie : « Nos peuples trouvent leurs racines […] aux quatre coins du globe, en Europe, en Afrique et en Asie, et furent contraints de cohabiter dans le quatrième “coin ” : ainsi se forma la scène primitive du “Nouveau Monde”. Leurs racines et leurs routes sont tout sauf “ pures” ». Aucune uniformité en effet. Mais des chemins cabossés dont le résultat pourrait se résumer en un mot : diversité. Celle des couleurs, des sons, des saveurs… De multiples aspects dont l’exposition rend compte à travers un parcours en sept étapes. Les photographies, les vidéos et les objets d’art s’y succèdent et se complètent pour tenter de définir l’identité créole.

Des racines en Afrique
L’arbre généalogique aux branches biscornues prend racine en Afrique. Une unité de lieu qui ne l’est qu’en apparence, ce que nous rappelle Stuart Hall :  « Nous savons que ce terme “Afrique” est, en tout état de cause, une construction moderne qui fait référence à toute une variété de peuples, de tribus, de cultures et de langages dont le point commun originel principal réside dans la confluence du trafic d’esclaves… » Peu importe. Les déracinés se ré-approprient cette construction coloniale qui devient alors une « communauté imaginée ». Ils font de ce paradis perdu une référence identitaire qu’ils ne cessent d’enrichir : Le processus de créolisation est en marche.

Exposition Kreyol  Factory à la Grande Halle de la Villette à Paris. © 2009 Claire TOMASELLA - Afrikan Heure.

Rites vaudous teintés de pratiques chrétiennes, musiques aux rythmes africains, rastafarisme… La matière « Afrique » est modelée et se créolise au contact des cultures européennes et indiennes. Non sans tensions. Ainsi, la couleur « noire » est instrumentalisée en fonction de la hiérarchie de valeurs des Blancs. Elle va diviser deux communautés qui partagent la même île, Haïti et la République dominicaine. Dans l’une la négritude est revendiquée, dans l’autre elle est niée. Avec la mondialisation, les influences de l’Europe et des Etats-Unis prennent aujourd’hui une place considérable. Les jeunes s’habillent désormais en Nike et mangent à McDonald’s. La mosaïque de cultures va-t-elle imploser sous la pression du monde globalisé ? Un nouveau défi à relever pour l’identité créole.

Pratique :
Exposition ouverte au public du 7 avril au 5 juillet 2009

Où ? Grande Halle de la Villette – Métro Porte de Pantin
Quand ? Du mardi au jeudi : 14 h - 22 h
et du vendredi au dimanche : 11h– 19h

A quel prix ? 3,5 à 7 euros




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