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Jacob ZUMA a été élu président de l'Afrique du Sud avec 66 % des suffrages. © 2009 Jerry DARRAC APPENTENG / Afrikan'Heure.
Jacob ZUMA élu présidentL’opposition n'a pas ébranlé l'ANC• Article publié le : 26 avril 2009. Auteur : Jerry DARRAC APPENTENG, notre correspondant à JohannesbourgAvec 66 % des suffrages exprimés en faveur de l’ANC, Jacob ZUMA devient le nouveau président de l'Afrique du Sud. L'occasion pour lui de prouver à ses détracteurs que leurs attaques n'ont pas ébranlé la confiance des électeurs. Comptabilisant respectivement 17 % et 7 % des voix, l’Alliance Démocratique (DA) et Congress of People (COPE) ne sont pas parvenus à éviter que l’ANC n’obtienne une situation très confortable au Parlement. Pour la quatrième fois consécutive, l'ANC sort victorieuse du scrutin présidentiel. Fort des 16 millions de voix en faveur du parti historique sud-africain, Jacob ZUMA arrache la légitimité que lui contestaient ses opposants. Car la campagne de ZUMA n’aura pas été un long fleuve tranquille. Tantôt poursuivi par la justice pour corruption, tantôt attaqué sur ses capacités à diriger le pays, le président de l'ANC se trouvait également au cœur d'une polémique autour de ses pratiques polygames. Difficile, par conséquent, pour l'ANC de présenter Jacob ZUMA comme le leader naturel du parti et le potentiel président d'Afrique du Sud. D'autant que le bilan du parti au pouvoir depuis 1994 n'est guère reluisant. Les dissensions graves intervenues au sein de l'ANC et la formation du parti dissident COPE, le taux de chômage qui caracole à 30 % ainsi que la persistance des tensions communautaires, ne plaidaient pas en sa faveur. Mais c'était sans compter la force de l’ANC, son passé historique et l'aura de son leader incontesté, Nelson MANDELA. Trois jours avant les élections, ce dernier a donné un coup d’accélérateur à la présidentielle par sa présence au dernier meeting de Jacob ZUMA. Certains politologues en arrivent à se demander si la victoire de l’ANC ne doit pas être imputée au seul soutien du premier président noir du pays... L’échec de l’opposition L'écrasante victoire de l’ANC résulte sans doute également de l'incapacité des partis d'opposition à constituer une réelle alternative politique. Le leader d'Inkatha Freedom Party (IFP) affirmait ainsi au lendemain du scrutin que « tous les partis de l’opposition » devraient désormais se demander s'ils servent à quelque chose... L'IFP a comptabilisé le 22 avril dernier deux fois moins de votes qu'aux élections de 1994. Seul le DA – qui a renforcé son poids électoral – s'en sort relativement bien. Notamment au Cap où il arrive en tête avec plus de 51 % des suffrages. Malgré sa volonté de s'adresser à tous les Sud-Africains sans distinctions ethniques, le DA souffre de son image de « parti de Blancs »: « Nous ne voulons pas retrouver les Blancs au pouvoir après ce qu’ils ont fait », entend-on chez certaines populations noires. En troisième position dans les suffrages, COPE réalise une percée significative. En l'espace de quelques mois, le parti dissident de l'ANC a devancé les autres formations politiques de longues dates. Le leader du COPE, Mosiuoa LEKOTA, croyait au potentiel de son nouveau mouvement. Mais force est de constater qu'avec une campagne commencée après celle de l'ANC, des affiches moins nombreuses et portant les mêmes couleurs que celles de son rival, COPE avait peu de chance d’atteindre les sommets... De plus, son discours vise une certaine élite et la classe moyenne, dans un pays en lutte contre la pauvreté. Une dizaine de formations animent la vie politique sud-africaine aux côtés de l'ANC, mais cette myriade de petits partis ne forme pas une opposition solide face au parti historique. Laquelle des cinq sera la première dame ? Au-delà des faiblesses de l'opposition, c'est peut-être la personnalité de Jacob ZUMA qui a déterminé le choix des électeurs sud-africains. Contrairement à ses prédécesseurs xhosa, ZUMA, est d’origine zouloue. Issu d'une famille modeste et n'ayant pas fréquenté les écoles d'élites, il n’hésite pas à revêtir des habits traditionnels, faits de peau de léopard. La personnalité est une chose, la compétence en est une autre. ZUMA, saura-t-il relever les défis socio-économiques du pays ? Pour l'heure, il est attendu sur un tout autre terrain. Il devra « choisir » parmi ses cinq femmes – dont trois seraient officielles dans ce pays où la polygamie est légale – celle qui deviendra officiellement la première dame du pays... |